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Le Pacte Social
Les profondes mutations qui, aujourd’hui, traversent notre système économique - et qui se caractérisent en grande partie par notre glissement progressif de l’ère industrielle vers l’ère de « l’économie de la connaissance » - engendrent de lourdes « métamorphoses de la question sociale » (selon l’expression de Robert CASTEL). Ce sont tout à la fois les conceptions du travail, de la protection sociale, de l’Etat providence, du dialogue social… qui sont en cours de redéfinition, au même titre que les enjeux de la pauvreté, de la précarité, ou encore de la justice sociale.

A ces transformations civilisationnelles, qui sont déjà par nature anxiogènes, se juxtasposent toutes ces autres peurs collectives (parfaitement légitimes) engendrées par les comportements abusifs, déshumanisés et contraires à l’éthique de certains acteurs (puissants) de la Finance et de l’Industrie.

Face à ces bouleversements sans précédants, la société doit adopter deux attitudes conjointes et complémentaires : d’une part imposer au Marché les notions de responsabilité, de transparence, d’éthique et d’égalité des droits ; d’autre part accepter - pour mieux anticiper et mieux accompagner – les transformations qui s’imposent (qu’on le veuille ou non) à nos modèles économique et social.

Clairement, ce sont avant tout notre droit du travail et notre droit de la protection sociale qui doivent être repensés en profondeur. Le défi est de créer d’autres protections, d’autres synergies sociales, d’autres organisations des solidarités, en vue d’apporter aux individus – qu’ils soient travailleurs ou pas – la sécurité et le progrès auxquels ils aspirent sur le plan social, et qui s’avèrent indispensables pour assurer, demain, le développement soutenable de nos sociétés.

A cet effet, nous proposons un nouveau « pacte social » dont les deux principales orientations sont les suivantes :

1° - l’accroissement du rôle du tissu conventionnel, en parallèle d’une réduction substantielle de celui de la réglementation.

Si l’ancien droit du travail était historiquement fondé sur les concepts de lutte des classes et de conflit social socialement productif - l’intervention réglementaire de l’Etat venant arbitrer, et donc cristaliser, ce rapport de force perpétuel – ces logiques ne sont plus adaptées ni aux exigences économiques (car elles freinent la dynamique générale de croissance, que nous souhaitons essentiellement « verte »), ni aux aspirations des travailleurs (les faibles taux de syndicalisation et de participation aux élections professionnelles le démontrent).

Sans toucher à l’idée « d’ordre public social impératif », établi par la Loi, il nous paraît indispensable de développer les normes conventionnelles, qui sont par nature plus consensuelles, plus facilement adaptables aux spécificités de leurs environnements (entreprise, branche, interprofessions) et davantage en synergie avec les mécanismes de responsabilité qui fondent notre Droit.

Il convient immédiatement de préciser que nous refusons que la conventionnalisation du droit du travail soit un moyen de faire reculer les droits sociaux acquis. Nous considérons que la Loi doit continuer à réglementer les enjeux les plus sensibles pour les travailleurs et leurs droits, tels que l’hygiène et la sécurité au travail, les durées maximales impératives de travail, les procédures de rupture du contrat de travail, la lutte contre les discriminations… Pour autant, nous pensons que bien des dispositions légales et réglementaires du droit du travail pourraient être, en fin de compte, traitées et repensées à l’aune de la négociation collective, c’est-à-dire sous le prisme des besoins réellement ressentis par les travailleurs et les entreprises, selon leur environnement et le niveau de négociation considéré, et non plus de façon uniforme et rigide par l’Etat central.

Afin de discerner quels enjeux devront rester sous la compétence de la Loi et du règlement, et quels enjeux pourraient être transférés au dialogue social, nous plaidons pour l’organisation d’ « Assises nationales et interprofessionnelles des normes sociales ».

Ces Assises auront également pour vocation de proposer de nouvelles règles de négociation et de modification des accords collectifs ; mais aussi de nouvelles règles en matière de syndicalisation qui soient massivement incitatives et qui pourront ainsi conférer une légitimité incontestable à ces normes négociées. Enfin, il conviendra de réfléchir à un statut mieux adapté des futurs négociateurs, aussi bien sur le plan des protections dont ils doivent bénéficier que de la formation juridique et méthodologique dont ils doivent disposer pour assumer leurs missions.

En tout état de cause, l’évolution que nous proposons se traduira nécessairement par une plus grande généralisation des principes de supplétivité (recours à la technique de la dérogation) et de subsidiarité (recours à la technique du renversement de la hiérarchie des normes) des accords collectifs sur la Loi ; mais aussi par une meilleure définition et une nouvelle répartition des sujets de négociation selon les niveaux d’intervention (entreprise, branche, interprofession).

Enfin, en parallèle et de façon complémentaire, nous souhaitons développer d’autres formes de normes sociales, qui dépassent le cadre des relations sociales classiques employeurs-salariés pour y intégrer toutes les autres parties prenantes de l’entreprise (les sous-traitants, les fournisseurs, les collectivités locales, les ONG, les associations…), et dont les champs de compétences s’étendent aux enjeux aussi bien économiques, environnementaux, sanitaires qu’économiques. En d’autres termes, nous voulons développer les normes dites « de responsabilité sociale de l’entreprise » (Codes et chartes éthiques, engagements sociaux et environnementaux unilatéraux…) en leur assurant une véritable force obligatoire multidimensionnelle (c’est-à-dire tout à la fois sur la base du droit du travail, du droit public, du droit de la consommation, du droit de l’environnement).

Une fois cette refondation assurée, nous envisageons de lancer notamment les grands chantiers sociaux suivants (et laissés essentiellement aux mains des acteurs du dialogue social) : les protections induites de la flexsécurité (c'est-à-dire les mobilités géographiques et fonctionnelles), l’incidence de l’âge dans la progressivité et la permanence des relations du travail, la notion de salariat, la formation qualifiante, les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité, les politiques de rémunération, le développement de la médiation sociale à toutes les étapes de la relation de travail, ainsi que la transparence de l’information et l’indépendance de l’expertise sociale, économique et environnementale dans l’entreprise.

2° - Recentrer les couvertures sociales de base sur la logique de solidarité nationale, et promouvoir des couvertures complémentaires collectives marchandes fondées soit sur l’économie sociale, soit sur la responsabilité sociale.

En d’autres termes, nous envisageons pour ce qui concerne la Sécurité sociale : l’universalité des prestations sociales (c’est-à-dire que tout le monde a droit aux mêmes prestations, sans considération de la qualité de travailleur, avec une possibilité de restriction selon une simple condition de ressources selon les prestations), la fiscalisation et la budgétisation accrue des ressources du système (TVA sociale, taxes dites « de poche », imposition des revenus du capital et des transferts financiers…) en contrepartie d’une baisse significative des cotisations sociales, l’unification des régimes au sein du Régime général, gestion du régime par la démocratie représentative (parlement, gouvernement)

Ainsi réformées, nous souhaitons que ces couvertures de base se concentrent sur les enjeux suivants : lutte contre la pauvreté, minima sociaux (vieillesse, de non activité professionnelle…), couverture maladie, santé et invalidité, dépendances liées à l’âge et au handicap, et prestations familiales.

Pour ce qui concerne les enjeux liés spécifiquement au travail (couverture chômage, retraites, revenus de remplacement du travail, prévoyance et épargne salariale, accidents du travail et maladies professionnelles…), nous souhaitons les concéder à la solidarité d’entreprise, mise en œuvre par la démocratie sociale et la négociation collective, dans le cadre des règles impératives fixées par la Loi.

La mutualisation des moyens et des prestations aux niveaux des branches et de l’interprofession doit être, dans cette démarche, un objectif prioritaire d’égalité et de justice sociale.

Lorsque ces couvertures seront proposées à gestion aux acteurs marchands, nous voulons que les acteurs de l’économie sociale (mutuelles, institutions de prévoyance…) et les entreprises engagées dans des politiques de responsabilité sociale soient privilégiés.

Cela implique d’une part de développer (et d’innover sur) le statut juridique des structures d’économie sociale, d’autre part de développer les politiques de responsabilité sociale (élaboration de référentiels adaptés, mutualisation des moyens pour les PME-PMI, développement de la notation sociale et environnementale ainsi que de l’investissement socialement responsable…). Une politique socio-fiscale incitative doit accompagner ces deux évolutions.

Le nouveau « pacte social » dont nous venons de dresser les grandes orientations est un appel à une nouvelle « Révolution sociale », fondée sur des valeurs pacifiques, humanistes et responsables. Il est un pilier incontournable de notre développement soutenable. Il doit être la preuve que les logiques marchandes et non-marchandes sont complémentaires dans la production du progrès social, pour peu que la société impose des valeurs éthiques, des normes souples et des mécanismes de responsabilité.

Principaux éléments de débat au Congrès :
  • Idée d’un label CAP21 de l’entreprenariat exemplaire
  • Simplification des contrats de travail
  • Méfiance vis-à-vis des normes conventionnelles/détricotage du droit du travail
  • Qu’appelle t-on le progrès social ?
  • Equilibre entre temps de travail et temps personnel tout au long de la vie
  • Droit social dans les PME moins respecté
  • RSE et extension loi RNE


par Cap21 dans Pactes, projetretraites, sécurité sociale
  publié le 31 juillet           
Programme de Corinne Lepage pour l'élection présidentielle
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Une Coordination nationale pour un projet
Le samedi 4 février 2012, la coordination nationale s’est réunie à Paris avec l’objectif de voter le projet politique de CAP21.




La coordination nationale a été ouverte par Corinne Lepage.

La candidate à l’élection présidentielle a fait une intervention très applaudie.

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Projet présidentiel :
Ce que pourrait être la France en 2017
projet-presidentiel-Corinne-LepageAvant-Propos

Contrairement à ce que mes compétiteurs voudraient faire croire aux Français, ce n’est pas une crise que nous vivons, pas plus que « des » crises. Nous vivons dans un monde en profonde mutation. Le monde a changé. Nous devons trouver les nouvelles clés pour nous nous transformer tout en apportant des réponses immédiates à nos concitoyens qui vivent dans l’angoisse du lendemain.

C’est pourquoi on ne peut plus se contenter de colmater les brèches à grand renfort de mesurettes ou d’effets d’annonce jamais suivis d’actions. Le court termisme auxquels nous ont habitués nos gouvernants touche aujourd’hui ses (...)
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CAP21 s’oppose au retour des farines animales dans l’alimentation des animaux d’élevage
farines-animalesPlusieurs groupes industriels font actuellement pression pour obtenir la réintroduction de certaines farines animales pour l'alimentation des animaux d'élevage avec le soutien de la Commission Européenne. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, saisie de ce sujet par le Ministre de l’Agriculture a rendu il y a quelques jours un avis défavorable considérant que les conditions n’étaient pas à ce jour toutes réunies pour garantir l’absence de risques sanitaires alors que le Conseil National de l’Alimentation avait rendu un avis favorable le 31 mai dernier.

CAP21 se félicite de l’avis de l’ANSES et demande au gouvernement de ne pas (...)
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  publié le 23 novembre 2011           
Gestion du trait de côte : comment anticiper les catastrophes à venir ?
trait-de-cote-anticiper-erosionÉrosion et montée des eaux menacent le littoral à des degrés divers selon les côtes mais sont inévitables. Une prise de conscience est en train de s'opérer par la "force" des choses: il faut anticiper cette évolution et "limiter la casse".

Le rapport sur le trait de côte rédigé par le député Alain Cousin insiste sur la nécessaire définition d'une stratégie nationale qui, entre autres, anticipe une relocalisation de certaines activités et limite les implantations en zone à risque.

CAP21 est impatient de lire de ce que le ministère fera de ces constats et propositions et interpelle Mme la Ministre afin qu'elle n'enterre pas (...)
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CAP 21 demande des mesures structurelles pour réduire la dette publique
Les gouvernements européens semblent oublier que la dette ne fait que traduire un mal structurel (délocalisations, manque de compétitivité, dérégulation...).
Pour CAP21, il faut réduire la dette publique, à condition que le remède ne soit pas pire que le mal, à savoir une déflation aggravée.
Les méthodes proposées par les gouvernements, la BCE ou le FMI, ressemblent à la recherche de la quadrature du cercle: avec les ”plans d’assainissement” des comptes publics, on crée les conditions de plus de déflation (réduction des salaires des fonctionnaires, coût aggravé du crédit pour les ménages et les entreprises, démantèlement des services (...)
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  publié le 16 août 2011           
Vélo : des rapports, encore des rapports, toujours des rapports, on blablate...
velo-rapport-Mariani-groupe-de-travail-assises-du-veloLe ministre chargé des Transports a installé ce matin un groupe de travail consacré au développement du vélo comme loisir mais aussi comme moyen de transport actif et écologique. Le groupe de travail est chargé d’étudier les mesures incitatives au développement du vélo en s’appuyant notamment sur l’expérience de nos voisins européens. Thierry MARIANI a demandé au groupe de travail d’organiser des « Assises du vélo » avant la fin de l’année.

Dominique Bied, responsable des transports à Cap21, a adressé au ministre son point de vue sur la création de ce groupe.


Voir le message de Dominique Bied sur son blog transports
  publié le 25 juillet 2011           
CAP21 déplore la démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du SAMU social.
CAP21 apprend avec regret la démission de M. Xavier Emmanuelli de la présidence du SAMU social, et déplore que les décisions gouvernementales ne lui aient pas laissé d’autre choix que le renoncement.
Après la récente mise en cause du RSA, après la réduction des moyens octroyés aux associations d’aide au logement des plus défavorisés, ce sont à présent les moyens d’accueil d’urgence qui subissent des coupes importantes, et ce alors que les besoins n’ont jamais été si grands, ni les cadeaux fiscaux si importants à ceux qui n’en ont guère besoin.
Cette démission met en lumière une fois de plus les choix injustes et irresponsables du Président (...)
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  publié le 21 juillet 2011           





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