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Lettre ouverte en réponse à l’Amicale des foreurs et des métiers du pétrole
Ayant reçu copie de la lettre ouverte adressée à Mme la ministre de l'Ecologie du 30 juillet 2012, permettez-moi de vous répondre car ce que vous affirmez est un tissu de contre vérités.

Vous contestez tout d’abord le fait que cette exploitation ne puisse pas se faire sans dégâts considérables sur l’environnement et la santé, et que les produits chimiques puissent se retrouver dans les nappes. Il s’agit pourtant d’une double réalité qui n’est pas uniquement fondée, comme vous le suggérez, sur le film Gasland. Le rapport publié en juin 2011 à la demande de la commission de l’Environnement du Parlement européen est sans concession. Il met en lumière les risques liés à la fracturation hydraulique en se référant notamment à des impacts majeurs de polluants atmosphériques, la contamination des eaux, les substances toxiques utilisées, le nombre non négligeable d’accidents aux Etats-Unis, la contamination des nappes par le méthane, le risque d’explosion de bâtiments, l’impact sur le paysage et les risques pour la santé humaine liés aux produits chimiques et radioactifs. Robert B. Jackson, de l'Université Duke aux Etats-Unis, a mis en évidence des niveaux élevés de méthane dans l’eau récoltée près des forages gaziers , ainsi que des substances chimiques toxiques pour l'environnement. De son côté, Paulina Jaramillo, chercheur du Département d'ingénierie et de politique publique à l'université Carnegie Mellon University et le WWF établissent que le fracking augmente les gaz à effet de serre, comme le CO2.

Plus récemment, nous avons auditionné au Parlement européen des universitaires américains et des représentants d’associations qui, documents et prélèvements à l’appui, nous ont démontré la réalité des ravages des gaz de schiste sur la vie de nombreux américains. Votre contestation est d’autant plus mal venue que le contre film Truthland produit par vos collègues de l’Independant Petroleum Association of America est bien peu crédible. Surtout, le rapport d’experts censé rétablir la vérité, préparé par l’Energy Institute de l’université du Texas, et présenté en février dernier lors du congrès annuel de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS) a été décrédibilisé en raison d’un conflit d’intérêt non rendu public . Une ONG a révélé que le premier auteur du rapport et directeur adjoint de l'Energy Institute était aussi membre du conseil de direction et actionnaire d’une société de forage spécialisée dans le gaz de roche, lien qui n’était pas signalé dans le rapport. Bien au contraire, le document était présenté comme "indépendant de l'industrie de l'énergie" et en outre, il était affirmé qu’il avait été "revu par les pairs", ce qui était faux. De plus, les ONG ont démontré le caractère erroné ou obsolète des chiffres cités, et une présentation tronquée s’agissant des contaminations constatées. Selon l’ONG à l’origine de ces révélations, le rapport « ignore plusieurs cas de contaminations provoqués par des aspects de l'extraction distincts de la fracturation de la roche. Le rapport lui-même soulève plus d'une vingtaine de problèmes environnementaux liés à l'extraction du gaz de schiste, largement absents du communiqué de presse » annonçant le rapport. Votre lettre ouverte est dans la même veine. Vos arguments sont plus mal fondés les uns que les autres et se heurtent aux faits.

- Vous prétendez que les experts français sauraient réaliser des forages dans des conditions de parfaite sécurité, ce que ne sauraient pas faire les Américains « avec des pratiques non respectueuses des règles de l’art ». C’est une double plaisanterie. On voit mal en quoi les entreprises américaines, qui ont obtenu seules ou en binôme les autorisations d’explorer en France, procèderaient différemment en France qu’aux Etats-Unis. D’autant plus que l’étude du Parlement européen précitée apporte la preuve de la vacuité de l’argument. Il souligne que les mêmes conséquences ont été observées en Europe, en particulier en Allemagne avec une contamination au benzène et au mercure. Quant aux tremblements de terre, ils se sont produits au Royaume Uni en 2011, et l’expérience a été stoppée. De plus, comment comprendre l’argument qui prétend que les 6000 puits réalisés en France n’auraient donné lieu qu’à 2 pollutions mineures. Benoitement, n’étions-nous pas persuadés que la fracturation hydraulique était interdite pour rechercher le gaz de schiste en France ? Quels sont donc ces 6000 puits qui établiraient l’absence de risques de cette technologie appliquée aux gaz de schistes ?
- Vous prétendez que l’eau nécessaire pour les opérations de fracturation n’est utilisée qu’une fois, soit 10 000 M3 nécessaires, soit encore le dixième de ce qu’utilise un terrain de golf., sauf que le rapport du Parlement européen précise que la demande peut aller jusqu’à 45 000 M3, et que les nouveaux projets de la seule année 2010 représente 17 Mds de M3, contre 50 Mds pour tous les autres usages de l’eau. En outre, l’eau du golf retourne à la nappe ; celle utilisée pour la fracturation est très polluée et donc inutilisable sauf pour de nouvelles fracturations…
- Vous vous offusquez que l’on puisse parler de mitage de l’espace, au motif que la situation juridique liée à la propriété du sous-sol diffère en France et aux Etats-Unis. C’est exact, mais vous oubliez de rappeler qu’en contrepartie la France ne dispose pas de grandes étendues désertiques inhabitées. Les conséquences de la multiplication des puits seraient donc tragiques pour nos paysages et nos sites parfois exceptionnels, et souvent protégés.
- L’argument le plus malhonnête de votre lettre ouverte est celui de l’absence de toute toxicité des produits utilisés, lesquels seraient « des produits courants d’usage ménager, cosmétique ou alimentaire (comme le guar qui est avec le sable le principal additif à l’eau de fracturation) ». La vérité sur la planète terre est toute autre. Sur les 260 substances connues utilisées pour la fracturation, qui ne sont d’ailleurs pas totalement rendues publiques, 58 sont toxiques, mutagènes, carcinogènes et/ou allergènes. Pour être plus précise, 6 figurent sur la liste des substances prioritaires dans le cadre du règlement REACH, qui doivent requérir une attention immédiate, une est bioaccumulative et toxique, 2 (naphtalène et benzène) figurent sur la liste des 33 substances prioritaires, sont toxiques pour les organismes aquatiques, 38 sont toxiques pour la santé humaine, 6 sont carcinogènes connues, 6 carcinogènes suspectées, mutagènes et 5 reprotoxiques. Avoir l’outrecuidance de parler de « position idéologique sans fondement technique » à propos de ces produits dépasse l’entendement !

La position idéologique est précisément du côté des foreurs. L’ultra libéralisme et la foi absolue dans la technologie, qui trouvera toutes les solutions- mais qui dans la vraie vie, évidemment ne peut pas les trouver- sont une idéologie. De la même manière, le refus d’admettre la réalité du changement climatique et son origine anthropique et le financement par le lobby pétrolier des « marchands de doute » participent d’une idéologie. L’importance du sujet mérite un autre comportement. Certes, notre sous-sol recèle peut être du gaz de schiste assurant quelques mois, voire quelques années de consommation. Certes, l’économie américaine profite d’une énergie bon marché grâce à cette exploitation dont le coût réel est assumé par les victimes d’aujourd’hui, et celles encore plus nombreuses de demain. Le moratoire décrété par plusieurs Etats témoigne des réactions des citoyens américains face à un lobby d’une puissance fantastique, qui a su obtenir le refus américain d’entrer dans le processus de Kyoto. En Europe, nous devons exiger une analyse complète coût-avantage avant toute décision. Cette analyse passe par une analyse de cycle de vie et une connaissance très approfondie des risques réels. En Allemagne, le Parlement de la Rhénanie du Nord-Westphalie a appelé à un moratoire jusqu'à ce que l'impact de tels procédés soit connu, et la France a voté l’interdiction du recours à la fracturation hydraulique. La question se pose aussi en termes d’impact sur le changement climatique à court terme (émissions de méthane et de CO2 due à la méthode), mais aussi à moyen et long terme en raison du retard pris pour sortir de la société du pétrole, retard qui pourrait être suicidaire. Certes, une partie du monde économique européen et français fantasme sur une croissance tirée par l’exploitation des gaz de schiste. Un tel choix serait dramatiquement court-termiste. Même en admettant qu’il accorde quelques mois, voire quelques années d’énergie bon marché, les coûts externes immenses pour la santé et l’environnement supportés par tous, le retard dans l’émergence d’une industrie puissante et leader dans les énergies renouvelables de toutes natures, la destruction irréversible de nos territoires densifiés pour les uns, protégés pour les autres, feraient perdre à l’économie européenne un temps précieux et constitueraient une régression massive de toutes les politiques engagées depuis 30 ans.

Corinne Lepage
par Cap21, Corinne Lepage dans CPnational, Election présidentiellegaz de schiste
  publié le 10 août           
Communiqué de presse de Corinne Lepage, présidente due rassemblement Citoyen, suite à la conférence de presse du Président de la république
Pour Corinne Lepage : « Je me réjouis du tournant assumé du Président de la République vers une sociale démocratie. Le chef de l’Etat a fait des annonces majeures avec : - des réformes structurelles de l’Etat autour de ces missions que je prône depuis des années ; - la volonté de créer une structure franco allemande sur la transition énergétique ; - la prise en compte réel des PME et des TPE et une simplification pour celles-ci ; - l’affirmation d’une Europe politique à taille réduite ; Le virage du Président de la République met les partis politiques face à leur responsabilité mais aussi face à leurs contradictions. (...)
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  publié le 00 0000           
de Sivens à Nantes, pas un combat d’écologiste !
Aujourd’hui beaucoup voulaient rendre hommage à Rémi Fraisse qui a perdu la vie à 21 ans lors d’une lutte contre le barrage de Sivens, suite à un tir probable des forces de l’ordre. Rendre hommage à un militant c’est bien, le faire comme les casseurs l’ont fait aujourd’hui et rendre impossible des rassemblements pacifistes ce n’est pas rendre hommage à la mémoire de ce jeune homme.

Nous n’osons imaginer ce que ressent aujourd’hui la famille de ce jeune homme quand on voit certains récupérer son nom pour une cause qui n’était pas la sienne.

Pour Corinne Lepage « On ne peut que déplorer les moyens violents utilisés aujourd’hui (...)
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  publié le 03 novembre 2014           
Communiqué de presse sur le projet de loi de transition énergétique
Les grandes lignes du projet de loi de transition énergétique présentée par Madame Royal affirment des objectifs ambitieux : 32 % d’énergies renouvelables en 2030, 30 % de réduction de fossiles, réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % en 2025. Il contient également des mesures concrètes satisfaisantes pour aider au financement des travaux notamment immobiliers ou l’achat de véhicules automobiles électriques ainsi que des mesures concrètes rendant possible le développement du parc électrique.

Cependant, si les objectifs sont satisfaisants, les moyens ne le sont pas. Le financement des énergies renouvelables, (...)
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  publié le 18 juin 2014           
Pas de Mistral pour l’armée russe
La Russie a fait le choix des armes dans la crise ukrainienne. S’emparant de la Crimée, elle poursuit son action de déstabilisation en brandissant sa force. Dans ce contexte, il est impensable de fournir à l’armée russe des navires de classe Mistral, .... lire la suite lire la suite http://europecitoyenne.net/des-mistral-pour-la-paix-pas-pour-la-guerre-en-ukraine/
  publié le 14 mai 2014           
Elections Municipales 2014
Voici les liste des maires elus suites aux élections municipale des 23 et 30 mars 2014
  • Jean Michel VERPILLOT maire de Marsannay-la côte en Cote d'or
  • MALHERBE Alain Aubigny Les Pothées Ardennes
  • MUNCH Mireille Ferrieres en Brie Seine et Marne
  • JEANNEROT Michel Jaux Oise
  • CHANEL Michel Buellas Ain
  • FRANCOIS Gilles Argonay Haute Savoie
Et nos conseillers municipaux
  • Nelly PERRAUD DAUSSE élue à Périgeux en Dordogne
  • Johann BOURGOIN élu à Marsannay-la côte en Côte d'or
  • Benoit BORDAT élu à Dijon en Cote d'or
  • Evelyne DARAGON élue (...)
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  publié le 31 mars 2014           
ACTEUR DE SON DESTIN !
Lors d’une récente réunion de travail locale, j’ai été amené a justifier la croisade de LIBR’ACTEURS et du RASSEMBLEMENT CITOYEN, pour rendre le citoyen acteur de son destin.
En cette affaire permettez-moi de me référer à SCHUMPETER, pour faire du neuf il faut casser de l’ancien, ou pour le dire autrement, la destruction de certaines citadelles peut être créatrice.

C’est à mon sens l’un des axes majeurs à l’aube des prochaines élections Européennes. Il faut effectivement avoir le courage de dire et d’écrire que l’EUROPE est à repenser et à rebâtir. Le nier est faire le lit des extrêmes ou celui de l’abstention.

Face (...)
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  publié le 03 mars 2014           
Corinne Lepage apporte son soutien à M. Emmanuel Giboulot
"Je soussignée Corinne Lepage apporte mon entier soutien à M. Emmanuel Giboulot pour les raisons suivantes.
Certes, on peut comprendre que la profession viticole veuille lutter contre la flavescence dorée et souhaite apporter les traitements chimiques auxquels elle recourt habituellement, mais on doit aussi à certains moments respecter ceux qui souhaitent une réponse proportionnée et graduée.
Le droit d’un agriculteur bio de suivre son cahier des charges et de ne pas utiliser des produits chimiques doit être d’autant plus respecté qu’aucune urgence et aucun besoin de définir une aire géographique aussi étendue ne s’imposaient.
Si (...)
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  publié le 23 février 2014           
communiqué de presse
CAP21 soutient l'initiative du Collectif Semons la biodiversité, qui comprend de nombreuses ONG, pour défendre l'agriculture paysanne et exige que l'amendement suivant soit adopté à l'Assemblée Nationale le 4 février prochain date à laquelle la Loi contrefaçon sera discutée :

« La production à la ferme par un agriculteur de ses semences, de ses plants, de ses animaux ou de ses préparations naturelles pour les besoins de ses propres productions agricoles et fermières ne constitue pas une contrefaçon. »

« La rémunération de la sélection des végétaux et des animaux destinés à l’alimentation et à l’agriculture fait l’objet de (...)
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  publié le 26 janvier 2014           







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de Sivens à Nantes, pas un combat d’écologiste ! (2014-11-03)

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