Corinne Lepage était l'invitée de Jérôme Godefroy et Isabelle Millet dans l'émission "RTL MIDI" le Vendredi 19 septembre à 12H40
Voici la retranscription de l'entretien :
RTL : Bonjour Corinne Lepage
CL : Bonjour
RTL : Vous êtes donc Présidente du Mouvement Écologiste CAP21. On a évoqué, vous étiez encore dans les couloirs, cette cacophonie gouvernemantele et puis cette décision qui a été prise d'enterrer dans l'immédiat en tout cas l'idée de nouvelle taxe et la suppression de la "taxe pique-nique". Que vous inspire cette cacophonie gouvernemantale ?
CL : Je pense qu'elle est organisée par tout ceux qui ont intérêt à ce qu'il n'y est pas de Grenelle
RTL : Qui ?
CL : Et bien le Budget
RTL : Le Ministre du Budget ?
CL : Oui
RTL : Eric Woerth ? Vous le mettez en cause directement ?
CL : Oui. Il n'y a jamais eu de "taxe pique -nique". On peut d'ailleurs aller pique niquer avec des assiettes en carton recyclable. C'est un très mauvais procès. La technique du bonus-malus vise spécifiquement à encourager, non seulement les consommateurs, mais également les producteurs pour aller dans la bonne direction. Celui qui veut taper, c'est à dire utiliser le malus, c'est le Budget. Je pense que c'est de là que ça vient avec, il faut bien le dire, une forme de haine de la part d'un partie des parlementaires UMP qui ne supportent pas tout ce qui s'apparente au Grenelle.
RTL : C'est un mot très fort " une sorte de haine". Pensez vous que Nicolas Sarkozy doit s'exprimer rapidement pour clarifier tout ça ?
CL : Je pense que oui parce que le Grenelle est quand même probablement une des inclinaisons les plus fortes de ce qui l'a mis en place depuis qu'il est arrivé. L'affaire des OGM a déjà jeté plus qu'un trouble. Il est clair que si on devait faire table rase sur tout ce qui permet d'utiliser les outils que sont la réglementation et la fiscalité pour aider au développement des industries, c'est à dire pour pousser l'industrie française dans ce domaine où ell est largement absente et aider les consommateurs à pouvoir investir dans des produits où ensuite ils vont gagner de l'argent. Il est clair que si on abandonne , c'est l'abandon de toute idée de développement durable autour d'une autre forme de croissance. Là, franchement c'est un abandon en rase campagne.
RTL : L'idée n'est pas abandonnée, c'est repoussée apparemment d'après ce qu'on comprend.
CL : Oui je sais bien, il faudra voir ce que va dire le Président e la République la semaine prochaine mais enfin dans ce gouvernement où la communication est si importante, je dirais parfois plus importante que les décisions elles mêmes, la position du Premier Ministre et ce qui vient d'être fait m'apparaît comme lourd de menaces.
RTL : Vous craignez que le Grenelle soit déjà mort et enterré ?
CL : Peut être pas mort et enterré. Toux ceux qui n'en veulent pas, soit parce que ce n'est pas leur intérêt économique, soit parce qu'ils ne comprennent pas, ce n'est pas dans leur culture, ils sont encore dans une culture du 20ème siècle., du tout quelque chose, de tout ce qui est grand, puissant. Malheureusement en France ce n'est plus le cas de notre pays, il faut regarder les choses en face. Il faut comprendre que la grave crise financière que nous vivons actuellement a les mêmes causes que la crise écologique et que les remèdes seront les mêmes. C'est à dire changer notre mode de développement. Si l'on ne comprends pas ce que cherche à faire Jean-louis Borloo, petits pas par petits pas, car ce n'est quand même pas géant comme pas, d'aider à changer les modes de consommation et de production et bien cela veut dire qu'on s'enfermera un peu plus dans la crise
RTL : Jean-louis Borloo a été clairement désavoué. Peut-il rester au gouvernement selon vous ?
CL : C'est une affaire de tempérament et de stratégie politique. En ce qui me concerne, j'ai très mauvais caractère. Une chose, un peu comparable, m'est arrivée quand j'étais ministre. Il s'agissait de signer le décret de redémarrage de Cresmalville, j'ai dit non je ne le signerai pas.
RTL : Vous êtes partie ?
CL : J'ai dit que je partais et on ne me l'a pas présenté donc je suis resté. Si Jean-louis Borloo pense que le Grenelle est envoyé à la casse, je pense qu'il serait logique qu'il ne reste pas et qu'il ne cautionne pas la suite. Mais ça c'est mon point de vue et il peut bien entendu y avoir des points de vue et des stratégies politiques différents.
