Paris, le 26 novembre 2009 — Le Conseil de Paris a adopté lundi, par 112 voix pour (PS-UMP), 16 contre (Verts) et quatre abstentions, le Plan de Vidéo Protection de Paris (PVPP). Au total, ce sont 1302 caméras qui seront installées d'ici 2011 dans les rues de la capitale. L'objectif est simple : il s'agit de surveiller les faits et gestes de tous les parisiens afin, éventuellement, d'y repérer des comportements anormaux. Ceci quand bien même des études dénoncent le danger social, l'inefficacité et le coût déraisonnable d'un tel dispositif. ****
Les mesures de vidéo-surveillance, qui menacent le respect de la vie privée, sont inefficaces, sources de discrimination et aussi très coûteuses :
* Inefficaces : le rapport du ministère de l'Intérieur [1] montre que la hausse de la criminalité continue aussi dans les villes vidéo-surveillées. En outre, l'évolution du taux d'élucidation en zone police est identique dans les villes avec ou sans vidéo-surveillance ;
* Sont sources de discriminations : l'expérience anglaise de la CCTV montre que les individus noirs ont deux fois plus de chances d'être surveillés et 85 % des surveillés ont moins de 30 ans [2] ;
* Coûteuses : alors que le coût d'installation, de maintenance et de consommation électrique pour la préfecture de police de Paris n'est pas communiqué [3], la ville annonce d'ores et déjà une participation de 5 millions d'euros à l'installation sur site des caméras.
La question de la prévention et de la sécurité ne doit pas être déshumanisée. Cette approche crée un double risque : celui d'un affaiblissement du lien social et celui d'une atteinte à la vie privée des parisiens. Il est incompréhensible que Bertrand Delanoë accompagne ? et même précède ? cette volonté de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux de surveiller les citoyens.
Pour ces raisons, CAP21 Paris déplore le vote du Conseil de Paris et rappelle son opposition au plan de vidéo-surveillance. La municipalité doit revoir sa copie et abandonner l'illusion de la sécurité par une surveillance généralisée. En effet, il convient d'aborder cette problématique de manière sociale, en se rapprochant des citoyens par le développement de moyens humains : police de proximité, médiateurs, renforcement de la vie de quartier.
* Références *
1. Rapport du Ministère de l'Intérieur - http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/admcontent/downloadDocuments/id/282
2. CCTV and the social structuring of surveillance - http://www.popcenter.org/library/CrimePrevention/Volume_10/06-NorrisArmstrong.pdf
3. Il est estimé 85 millions d'euros d'installation et, au moins, 9 millions de frais de fonctionnement.
Pierrick Prévert
